Un ami m’a dit que le management, ça ressemble au surf.
Il faut trouver le bon équilibre, gérer l’effort, regarder la mer pour choisir son moment, avoir une bonne apnée pour les moments « sous l’eau ».


On peut s’entrainer, potasser la technique, essayer l’équilibre sur le sable, mais il n’y a que sur l’eau que le surf se vit.

Quand on réussit à descendre une vague avec un super take-off, c’est LE moment parfait.

C’est vrai. En management, surfer, je l’ai fait. Avec beaucoup de chutes et de tasses bues pour que le métier rentre, mais aussi quelques tubes superbes et des envolées magiques en haut de la vague.


Et puis aussi les rochers à fleur d’eau. Je m’en suis pris quelques uns. Ca marque, très fort.


Au surf c’est dans le corps, au management dans le psychisme. 

Après, c’est plus difficile de remonter sur la planche. 

Puis quand je me tenais toute raide de peur de retomber, de peur qu’il y ait encore un rocher caché sous la surface de l’eau : devinez quoi ? Le plaisir n’y était plus, l’équilibre et la magie non plus. Quand la peur est là, elle prend toute la place. Et j’ai passé pas mal de temps à bouder sur la plage.

J’ai eu de la chance, celle d’être accompagnée pour continuer à barboter jusqu’à ce que je me sente prête à remonter à l’assaut des vagues. J’ai aimé y retourner. Mais quand même, je regardais souvent en biais vers l’endroit où je m’étais fracassée sur les rochers. 


Finalement, j’ai choisi de changer de plage. Avec quelques regrets, parce que j’ai quitté des potes que j’aimais bien. Les surfeurs ont leurs plans : les barbecues sur la plage, les délires le soir, les récits pour savoir qui a fait le plus beau « cutback » ou surfé la plus belle vague… Il y a ceux qui parlent de la vague et ceux qui la vivent.

Les directeurs, c’est un style différent mais derrière les mots ça revient un peu au même : le cocktail après le conseil d’administration, les brainstormings, les récits pour savoir qui a le mieux répondu au délégué syndical ou monté le plus beau projet, …  Là aussi, il y a ceux qui parlent des projets et des valeurs et ceux qui les vivent.



Sur ma nouvelle plage, il n’y a pas beaucoup de vagues ; je me suis mise au paddle de promenade. Nettement moins impressionnant, mais tenir dessus debout et avancer en ramant, ce n’est pas si simple. C’est technique, posé, avec une maîtrise du geste. Quelque chose de zen, qui invite à l’introspection ou à admirer les paysages. 

J’ai pu porter un autre regard sur la surface de l’eau et j’ai réalisé que les rochers affleurants, c’est dans ma tête qu’ils sont. Maintenant que je l’ai compris, je les accepte et ils me font un peu moins peur ; mais je sais aussi qu’ils ne me quitteront pas et qu’ils peuvent resurgir n’importe quand.

De temps en temps, quand je rencontre une petite vague, je profite du plaisir d’une figure. La fierté de savoir faire ou une tasse pour me rappeler à l’humilité, ça dépend des fois.  

Pour l’instant, je n’ai plus l’excitation de la quête de la super-vague. Peut-être que j’y reviendrai plus tard, peut-être sur une autre plage ou dans un autre pays.

 Ou alors, je me mettrai au deltaplane, histoire de voir les choses d’en haut !


Crédits photos : 
Photo by surfneng on Foter.com / CC BY-NC-SA
Photo by San Diego Shooter on Foter.com / CC BY-NC-ND
Photo by kate053 on Foter.com / CC BY
Photo by The Hamster Factor on Foter.com / CC BY-NC-ND
Photo by n.hewson on Foter.com / CC BY
Photo by Riccardo Maria Mantero on Foter.com / CC BY-NC-ND