Vivons-nous sous le dictat d’une pensée unique, apogée d’un néo-libéralisme dans lequel toute action individuelle ou sociale serait conditionnée par la recherche du profit à court terme ?

Une pensée dominante : le néo-libéralisme

Les modalités gestionnaires issues de la gestion d’entreprise de type capitaliste ont la faveur de nombreux décisionnaires et systèmes. Elles ont gagné les institutions à but non lucratif, dont le professionnalisme de gestion est sans cesse croissant. Les associations ont adopté toute la panoplie des fusions – acquisitions – restructurations de la croissante externe.

New public management - nouvelle gestion publique

Depuis les années 1980, cette tendance touche même le secteur public. C’est l’émergence du joli vocable de « new public management » (en anglais, ça fait toujours plus sérieux). Dans cette logique, l’Etat doit gagner en efficacité, « dégraisser » et développer une culture du résultat. La priorité est au pragmatisme de gestion, souvent dérivé en économies budgétaires à tout crin.

Néanmoins, il existe des voix qui s’élèvent contre cette dynamique. La pensée dominante néolibérale montre ses limites. La première est d’oublier que l’amélioration de l’efficacité des institutions publiques doit servir l’intérêt général.

Ces critiques sont la preuve de l’existence d’autres modes de pensée. Il ne s’agit donc pas d’une pensée unique mais dominante.


L’évolution des pensées dominantes

Dans les années 1945, au sortir de la guerre, le message était « plus jamais ça ». C’est l’époque où toutes les volontés se tendent pour créer les conditions d’une solidarité et éviter une réitération du conflit. Le Plan Marshall, la CECA, la création de l’ONU démontrent la volonté de donner une nouvelle orientation aux relations internationales.

Pour les individus aussi, l’heure est à la solidarité. Un tissu relationnel local se crée en soutien aux plus vulnérables. Militantisme et syndicalisme sont courants. C’est le développement des actions de l’Humanité, les créations de structures d’accueil des personnes handicapées par les associations de parents et d’amis, …

Dans les années 1980, on voit la bascule vers la pensée néo-libérale. L’économie de marché devient centrale, avec un poids massif donné à la financiarisation, à la consommation de masse et à la spéculation débridée. Cette ère s’ouvre avec les crises pétrolières de 1973 et 1979. Ses limites sont atteintes avec la crise des subprimes en 2007.

Mais si les limites du modèles sont atteintes, sommes-nous à l’orée d’une nouvelle ère ?

Application de la spirale dynamique

Le modèle de la spirale dynamique permet de schématiser l’évolution de la société en stades successifs.

Selon ce schéma, en 1945, la période de solidarité de l’après-guerre pourrait être une phase bleue. La Vérité Ultime était représentée non par une divinité mais par une valeur humaniste : la solidarité. S’ensuit à partir des années 1980 une ère orange de profit individuel. Sommes-nous au passage à un nouveau modèle, où la pensée dominante s’orienterait vers le vert, vers un modèle coopératif ?

Evolution de la pensée dominante

La transition provoque une zone de turbulence dans laquelle les acteurs sont en perte de repères, jusqu’à parvenir à se stabiliser sur un nouveau modèle de pensée. Cela crée une zone d’insécurité qui complique la prise de risque nécessaire au changement. La peur peut provoquer une propension à se crisper sur d’anciens modèle connu (soit l’individualisme, soit l’appel à une toute-puissance paternelle, étatique ou autre, ou encore un retour au rapport de force).

D’autre part, la spirale dynamique met en évidence une alternance de phase collective / individuelle. Donc après une pensée dominante capitaliste très individualiste, nous pourrions être au point d’émergence d’une période plus propice aux constructions collectives. Et peut-être à un renouveau de l’associationnisme tel que le présente JL Laville.

Renouveau collectif
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