La lecture de la Méthode, par E. Morin, m’a conduite à une petite modélisation des notions d’ordre et de désordre, pour essayer de m’approprier cette dialogique.

Des incertitudes

Nait le désordre : modification des liens, relations, interactions entre les éléments

Qui permet la créativité : possibilité de créer de nouvelles interactions

Laquelle fait évoluer l’organisation : les interactions se solidifient sous forme de relations

Qui peut se stabiliser : les relations deviennent pérennes et font loi

Et ainsi former l’ordre


Ce cheminement peut toutefois connaître plusieurs boucles, différents phénomènes étant susceptible de créer des incertitudes :

  • En phase de créativité, de nombreuses interactions peuvent être tentées, sans pour autant créer de l’organisation. Il y a déperdition de l’effort, créations éphémères qui renforcent l’instabilité et la perte de repères
  • L’organisation forme de nouvelles relations durables. Ce phénomène peut provoquer l’émergence de traits nouveaux. Ex : l’unité et la cohésion d’une équipe fait naître un sentiment d’appartenance, un désir de progrès, etc. Ces traits émergents et leur influence sont imprévisibles car inconnus avant que la relation de se mette en place. Il y donc apparition de phénomènes créant de l’incertitude
  • Quel que soit le niveau de stabilité de l’ordre, des événements endogènes ou exogènes peuvent provoquer des aléas, lesquels peuvent questionner l’ordre établi et donc ramener à l’incertitude (en revanche, si face aux aléas la réponse est la résistance, l’ordre renforce sa propre stabilité).

Deux boucles sans fin peuvent apparaître, chacune conduisant à la destruction du système, le point de création de richesse se trouvant à l’équilibre entre les deux :

Néanmoins, le point d’équilibre ne peut être maintenu que par la succession permanente des cheminements en évitant de tomber dans les boucles conduisant à la désintégration (excès de désordre et dispersion de l’énergie à travers la multitude d’essais d’interactions) ou à la cristallisation (excès de rigidité par refus d’adaptation à l’aléa).

En outre, des cheminements supplémentaires peuvent être ajoutés :

  • la stabilité nourrit l’organisation, car elle assure le renforcement des relations organisationnelles ;
  • l’organisation nourrit la créativité, car les relations à l’échelle du tout transforment les parties et provoquent de nouvelles possibilités d’interactions

Dans le fonctionnement d’une institution, à force de boucles aléa => questionnement => désordre => oppositions => respect mutuel => décision => ordre => aléa => …, se créent des habitudes à travers lesquelles la déperdition devient de moins en moins importante au fur et à mesure que l’ajustement mutuel devient une habitude (principe de réorganisation permanente… au moins sur l’équilibre des pouvoirs présidant à une décision).

Ces habitudes deviennent un ordre (stabilité des relations), qui permet l’intégration du désordre pour créer de la réorganisation permanente.


PPhoto by Adabo! on Foter.com / CC BY-NC-SA and Andy Saxton3000 on Foter.com / CC BY-NC-ND