Les secteurs sanitaire, médico-social et social sont une nébuleuse d’institutions, associations et entreprises. Toutes ont pour particularité l’accompagnement de l’humain par l’humain : le développement de réponses visant à accompagner l’autonomisation d’usagers vulnérables,  sur un territoire.

L’accompagnement de l’humain par l’humain

Si l’humain est la chose la plus complexe, une telle action est d’une complexité cubique. En effet, elle articule l’humain accompagné (usager), l’humain accompagnateur (professionnel) et l’humain décideur (politique, administrateur ou actionnaire).

La mise en œuvre d’un accompagnement de qualité nécessite à l’échelle de l’institution qui en est le support : 

  • la spécialisation des réponses dans le sens d’une technicité accrue ;
  • une reliance des acteurs de terrain, qu’ils soient bénévoles, professionnels, usagers ou proches ;
  • une ouverture de l’institution sur son environnement.

Les dynamiques institutionnelles

Cela demande de développer plusieurs dynamiques : 

  • organisationnelle : pour la structuration des organisations et des réponses de proximité apportées aux besoins ; 
  • managériale : pour soutenir la réorganisation permanente du système et son adaptation aux évolutions des besoins ;
  • co-construction : pour que la gouvernance pilote les projets dans le respect des finalités et des valeurs choisies, en y intégrant les aléas ;
  • individualisation : pour que chaque acteur développe son autonomie, c’est-à-dire sa capacité à fixer ses règles de conduite en fonction de l’environnement, en vue de finalités connues et voulues.

A ces quatre dynamiques institutionnelles vient s’ajouter une dynamique individuelle, liée à la complexité de l’être humain, de ses perceptions et éléments de personnalité. Chaque acteur partie prenante du système développe sa propre dynamique. Les positionnements individuels qui en découlent sont le moteur des projets collectifs… en même temps leur frein principal.

Ces cinq dynamiques ont chacune en interne leurs théories, contraintes, méthodes, indicateurs, facteurs de réussite ou freins… En outre, elles se combinent pour créer de nouveaux processus, et peuvent agir de concert ou de façon antagoniste. 

C’est par exemple le cas lorsque les intentions d’un cadre intermédiaire pour le management d’une équipe viennent se confronter à la politique sociale de l’employeur, ou lorsque les besoins ressentis par la famille d’un usager questionnent l’organisation des moyens disponibles. 

Représentation sous forme de carte

De nouveaux modes de pensée sont nécessaires pour conceptualiser ces dynamiques à fois isolément et ensembles. L’institution est à voir comme une entité en lien avec son environnement social, politique et humain,

J’ai cherché à faire une carte de cette complexité, comme une mappemonde, à partir de mots-clefs de ces dynamiques. Comme pour toute représentation en deux dimensions d’un territoire, il est possible de sortir de la carte par la droite pour rentrer par la gauche, ou encore de haut en bas.

La carte n’est pas le territoire ! Penser qu’une carte permet de maîtriser l’ensemble des éléments de complexité du projet et de la vie de l’institution serait une illusion. Néanmoins, avoir une idée globale de leurs articulations est une représentation aidante.

Carte de la complexité

Pour télécharger la carte de la complexité et son texte de présentation au format pdf, cliquer ici.

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